Une vidéo filmée dans une station de montagne de l'Isère et devenue virale a poussé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à annoncer l'ouverture d'une enquête. Récit d'une affaire qui a suscité une vive indignation.
Une vidéo tournée dans une station de sports d'hiver de l'Isère a provoqué une vague d'indignation ce week-end. On y voit la propriétaire d'une buvette tenir des propos antisémites face à un client. Diffusée sur les réseaux sociaux vendredi 14 août, la séquence a rapidement dépassé les 800 000 vues, jusqu'à attirer l'attention du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a annoncé l'ouverture d'une enquête.
Retour sur une affaire qui relance, une fois de plus, le débat sur la montée des actes et des propos antisémites en France.
Les faits se déroulent à la station des Deux Alpes, en Isère, au niveau d'une buvette liée à une activité de luge d'été. La scène, filmée par la victime elle-même, montre la commerçante tenir des propos hostiles à l'encontre de la communauté juive face à un client.
Dans la vidéo, on l'entend notamment déclarer : « les juifs, vous êtes trop nombreux, à un moment donné ça excède les gens ». La publication, mise en ligne vendredi 14 août sur un compte se présentant comme luttant contre la haine en ligne, a été visionnée par plusieurs centaines de milliers d'internautes en l'espace de quelques heures.
« Une vidéo de quelques secondes, filmée par la victime elle-même, a suffi à déclencher une mobilisation nationale. »
Dès que la vidéo lui a été signalée, Laurent Nuñez a annoncé sur X, samedi 15 août, l'ouverture d'une enquête confiée à la gendarmerie nationale, en lien avec le parquet de Grenoble. Le ministre de l'Intérieur a condamné fermement ces propos.
« La personne concernée devra répondre des propos tenus, qui n'ont pas de place dans notre République. »
La ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a elle aussi condamné l'incident, rappelant que l'antisémitisme et le racisme ne relèvent pas de la liberté d'opinion mais du droit pénal.
Entendue par les enquêteurs samedi après-midi, la commerçante a reconnu avoir tenu ces propos, tout en expliquant le contexte dans lequel ils avaient été prononcés, selon des informations rapportées par le parquet. Aucune décision n'a pour l'instant été prise à son encontre, plusieurs témoins devant encore être auditionnés.
De son côté, la commune des Deux Alpes a publié un communiqué rappelant ses valeurs d'ouverture, de respect et d'inclusion, tout en soulignant que les circonstances précises des faits restaient à établir par les enquêteurs.
Cette affaire intervient au lendemain d'un autre incident survenu dans un supermarché d'Avignon, où un couple d'Australiens de confession juive a été visé par des menaces antisémites et des propos faisant explicitement référence à Adolf Hitler, de la part d'un ressortissant irlandais.
« Deux incidents en deux jours : un signe de plus de la progression des actes antisémites en France. »
Le ministère de l'Intérieur et les services de protection de la communauté juive avaient déjà recensé une forte hausse des actes antisémites en France ces dernières années, une tendance encore accentuée depuis les attaques du 7 octobre 2023 en Israël.
L'enquête, menée par la gendarmerie nationale en lien avec le parquet de Grenoble, doit permettre d'établir précisément les circonstances dans lesquelles les propos ont été tenus, ainsi que d'entendre les différents témoins de la scène. À ce stade, aucune qualification pénale définitive n'a été retenue à l'encontre de la commerçante.
Cette affaire, comme celle survenue la veille à Avignon, illustre la manière dont les réseaux sociaux peuvent aujourd'hui accélérer le signalement de ce type de propos, tout en questionnant la place de la parole antisémite dans l'espace public.
Les réponses aux questions les plus posées sur cette actualité.
Une vidéo diffusée le 14 août 2026 montre la propriétaire d'une buvette de la station tenir des propos antisémites face à un client, dans le cadre d'une activité de luge d'été.
Le ministre de l'Intérieur a annoncé sur X l'ouverture d'une enquête par la gendarmerie nationale, en lien avec le parquet de Grenoble, dès que la vidéo lui a été signalée.
Oui, elle a été auditionnée par la gendarmerie nationale le samedi après-midi. Elle a reconnu les propos tout en expliquant leur contexte. Aucune décision n'a encore été prise à son encontre.
Elle intervient au lendemain d'un incident similaire dans un supermarché d'Avignon, où un couple d'Australiens de confession juive avait été visé par des menaces antisémites.
Elle a publié un communiqué rappelant ses valeurs d'ouverture et de respect, tout en précisant que les circonstances exactes des faits restaient à établir par l'enquête.
L'enquête doit déterminer la qualification pénale exacte des faits. En France, la provocation à la haine raciale ou religieuse est un délit passible de poursuites judiciaires.