Nommée récemment à la tête de l’Église d’Angleterre, Sarah Mullally est devenue la première femme à occuper la fonction d’archevêque de Canterbury. À peine un mois après son entrée en fonction, elle a entamé une visite officielle à Rome, où elle doit rencontrer le pape Léon XIV.
Cette rencontre s’inscrit dans un dialogue ancien entre les deux Églises, mais revêt une portée symbolique particulière en raison du profil inédit de la nouvelle cheffe anglicane.
Les relations entre l’Église catholique et l’Église anglicane restent profondément marquées par leur séparation au XVIe siècle, lorsque le roi Henri VIII rompt avec Rome.
Depuis le XXe siècle, un rapprochement progressif s’est toutefois opéré. Une étape clé remonte à 1966, avec une rencontre historique entre les chefs des deux Églises, ouvrant la voie à un dialogue régulier, malgré des désaccords persistants.
Âgée de 63 ans, Sarah Mullally n’a pas un parcours classique : ancienne infirmière, elle est aujourd’hui à la tête d’une communauté anglicane estimée à plusieurs dizaines de millions de fidèles dans le monde.
Sa nomination représente une évolution majeure dans l’histoire de l’anglicanisme, mais elle ne fait pas consensus. Elle suscite des débats internes, notamment en raison de sa position sur certaines questions sociétales.
Au-delà des différences doctrinales, les deux institutions sont confrontées à des enjeux similaires : perte d’influence dans certaines régions, tensions internes entre courants conservateurs et progressistes, et nécessité de s’adresser aux nouvelles générations.
Elles doivent également faire face à des crises majeures, notamment les scandales liés aux abus dans l’Église, qui ont profondément affecté leur crédibilité.
Cette rencontre dépasse le cadre protocolaire : elle symbolise les évolutions du christianisme contemporain, entre ouverture, tensions internes et recherche d’unité entre Églises historiquement divisées.