Fête des mères : ces exemples religieux -
Judaïsme • Christianisme • Islam

Ces mères
qui ont changé
l’histoire
des religions

Marie, Hajar, Yokébed, Khadija ou Rachel : des femmes dont la maternité a marqué l’histoire spirituelle de l’humanité.

Fête des mères
Une histoire de foi et de courage
Maternité et transmission

Chaque année, la fête des mères est l’occasion de remercier celles qui donnent la vie, protègent, accompagnent et transmettent.

Mais les traditions religieuses accordent elles aussi une place particulière à la figure maternelle. Les récits sacrés du judaïsme, du christianisme et de l’islam sont traversés par des femmes dont la maternité a marqué l’histoire spirituelle de l’humanité.

Certaines ont attendu des années avant d’avoir un enfant. D’autres ont connu l’exil, la souffrance ou le rejet. Toutes témoignent d’une même force : celle de l’amour maternel face à l’épreuve.

Des mères qui ont cru malgré l’incertitude

Parmi les figures les plus connues se trouve Marie, appelée Maryam dans le Coran. Jeune femme de Nazareth, elle apprend qu’elle donnera naissance à un enfant de manière miraculeuse.

Malgré les risques sociaux que représentait une telle grossesse dans son contexte, elle accepte cette mission avec confiance. Aujourd’hui encore, elle demeure une figure majeure du christianisme comme de l’islam.

L’histoire de sa mère, Anne, Hannah, mère de Marie selon plusieurs traditions, raconte elle aussi une longue attente. Privée d’enfant durant de nombreuses années, elle adresse une prière à Dieu et promet de consacrer son futur enfant à son service.

Rachel, épouse de Jacob, connaît une épreuve similaire. Après des années d’attente, elle donne naissance à Joseph puis à Benjamin, avant de mourir lors de cet accouchement.

Le saviez-vous ?

Marie est l’une des rares femmes citées nommément dans le Coran. Une sourate entière porte même son nom : Maryam.

Quand aimer, c’est savoir laisser partir

Certaines mères des textes religieux sont confrontées à des choix déchirants.

Yokébed, la mère de Moïse, cache son fils pour lui éviter la mort puis le confie aux eaux du Nil dans un panier. Son geste est à la fois un acte de foi et un acte d’amour.

Dans la tradition musulmane, Hajar devient le symbole d’une maternité courageuse. Abandonnée dans le désert avec son fils Ismaël, elle refuse le désespoir et cherche de l’eau entre les collines de Safa et Marwa.

Son histoire est encore commémorée aujourd’hui lors du pèlerinage à La Mecque.

Une autre femme joue également un rôle essentiel : Asiya, l’épouse du Pharaon. Selon la tradition islamique, elle recueille Moïse lorsqu’il est retrouvé sur le Nil et l’élève comme son propre enfant.

Des mères qui soutiennent dans l’épreuve

La maternité ne consiste pas seulement à donner la vie. Elle implique aussi d’accompagner et de soutenir.

Umm Ruman, mère d’Aïcha, reste aux côtés de sa fille lorsque celle-ci est victime d’une campagne de calomnies qui bouleverse la communauté musulmane.

Khadija, première épouse du prophète Mohammed, soutient également sa famille durant les années les plus difficiles des débuts de l’islam. Ell est la seule, avec Maria, qui a des enfants avec le Prophète Muhammad.

Sa fille Fatima deviendra à son tour une figure admirée dans l’ensemble du monde musulman pour sa piété et sa transmission spirituelle. Elle est la mère de Hassan et de Hussein, les petits-fils du Prophète, tristement célèbres pour leur martyr.

Les traditions religieuses rappellent que la maternité ne se réduit pas à un lien biologique. Elle est aussi une responsabilité, un accompagnement et parfois un véritable acte de foi.

Le courage face à l’injustice

Toutes les mères des traditions religieuses ne sont pas connues pour avoir donné naissance à un personnage important. Certaines sont devenues célèbres pour le courage extraordinaire dont elles ont fait preuve face à la souffrance.

C’est le cas de la mère des sept frères martyrs, racontée dans le deuxième Livre des Maccabées. À l’époque, le roi séleucide Antiochos IV tente d’imposer la culture grecque aux Juifs de Judée et interdit certaines pratiques religieuses.

Sept frères sont alors arrêtés parce qu’ils refusent de renier leur foi et de manger des aliments interdits par la Loi juive. L’un après l’autre, ils sont torturés puis exécutés sous les yeux de leur mère.

Le récit insiste sur un détail bouleversant : loin de supplier ses fils de céder pour sauver leur vie, cette femme les encourage à rester fidèles à leurs convictions jusqu’au bout.

Elle leur rappelle que Dieu est à l’origine de la vie et qu’il peut la rendre à ceux qui demeurent fidèles. Après avoir vu mourir ses sept enfants, elle est elle-même mise à mort.

Dans la tradition juive, puis dans le christianisme, cette mère anonyme est devenue un symbole du courage spirituel et de la fidélité malgré la persécution.

Cette femme ne sauve pas ses enfants de la mort. Elle leur donne la force de rester fidèles à ce qu’ils considèrent comme juste.

Une autre histoire célèbre met en scène une mère confrontée à une épreuve très différente : celle du jugement de Salomon.

Deux femmes se présentent devant le roi. Chacune affirme être la mère du même enfant. Aucun témoin ne permet de savoir laquelle dit la vérité.

Salomon propose alors une solution volontairement choquante : couper l’enfant en deux et en donner une moitié à chacune.

L’une des femmes accepte. L’autre supplie immédiatement le roi de laisser vivre l’enfant, quitte à le confier à sa rivale.

C’est ce renoncement qui révèle la vérité. La véritable mère préfère perdre son fils plutôt que de le voir mourir.

Le jugement de Salomon est ainsi devenu l’un des récits les plus célèbres de la Bible sur l’amour maternel : un amour capable de se sacrifier lui-même pour protéger l’enfant.

À retenir

À travers Marie, Hajar, Yokébed, Asiya, Rachel, Hannah, Khadija ou encore la mère des sept frères martyrs, les traditions religieuses offrent une galerie de portraits qui rappellent une même réalité : l’amour d’une mère compte parmi les forces les plus puissantes de l’histoire humaine.