RELIGION
Un mois sacré de l’islam marqué par le Hajj, le jour de Arafat et la tradition du jeûne.
« Par l’aube ! Et par les dix nuits ! »
Sourate Al-Fajr (89), versets 1-2
De nombreux exégètes musulmans classiques expliquent que ces « dix nuits » désignent les dix premiers jours de Dhul Hijja, considérés parmi les périodes les plus sacrées de l’année dans la spiritualité islamique.
Dernier mois du calendrier musulman, considéré comme l’un des plus sacrés de l’année islamique.
Grand pèlerinage à La Mecque, cinquième pilier de l’islam, accompli durant Dhul Hijja.
Jeûne religieux pratiqué notamment pendant Ramadan mais également durant les premiers jours de Dhul Hijja.
Neuvième jour de Dhul Hijja, considéré comme le moment le plus important du pèlerinage musulman.
Dernier mois du calendrier musulman, Dhul Hijja occupe une place centrale dans la spiritualité islamique.
Entre pèlerinage à La Mecque, jour de Arafat et Aïd al-Adha, cette période est considérée comme l’une des plus sacrées de l’année pour les musulmans.
Dhul Hijja, aussi écrit Dhul Hijjah ou Dhou al-Hijja selon les translittérations, est le douzième et dernier mois du calendrier musulman.
Son nom signifie littéralement « le mois du pèlerinage ». Depuis les débuts de l’islam, cette période est associée au Hajj, le grand pèlerinage à La Mecque, considéré comme l’un des cinq piliers de l’islam.
Mais Dhul Hijja ne concerne pas uniquement les pèlerins. Dans la spiritualité musulmane, les dix premiers jours du mois sont considérés comme particulièrement sacrés pour l’ensemble des croyants.
« Il n’y a pas de jours durant lesquels les bonnes actions sont plus aimées d’Allah que ces dix jours. »
L’importance spirituelle de Dhul Hijja trouve ses racines dans plusieurs textes fondamentaux de l’islam.
Dans la sourate Al-Fajr (« L’Aube »), le Coran déclare :
De nombreux exégètes musulmans classiques, parmi lesquels Ibn Kathir, Al-Tabari ou Ibn Rajab, expliquent que ces « dix nuits » désignent les dix premiers jours de Dhul Hijja.
Dans la tradition islamique, lorsqu’Allah jure par un moment ou un élément, cela marque son importance spirituelle particulière.
Plusieurs hadiths rapportés dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim soulignent également la valeur exceptionnelle des actes de dévotion accomplis durant cette période.
C’est dans ce contexte spirituel que s’inscrit la pratique du jeûne.
Le « jeûne de Dhul Hijja » désigne généralement le fait de jeûner pendant les neuf premiers jours du mois, avant l’Aïd al-Adha.
Cette pratique n’est pas obligatoire, contrairement au jeûne du Ramadan, mais elle est fortement recommandée dans de nombreuses traditions sunnites.
Les juristes musulmans distinguent toutefois plusieurs niveaux d’importance. Le jeûne le plus valorisé est celui du neuvième jour : le jour de Arafat.
Le jour de Arafat correspond au moment culminant du Hajj. Les pèlerins se rendent sur la plaine d’Arafat, près de La Mecque, où ils accomplissent une station rituelle considérée comme le cœur du pèlerinage.
Dans un hadith rapporté par Sahih Muslim, le prophète Mahomet affirme :
« Le jeûne du jour de Arafat expie les péchés de l’année précédente et de l’année suivante. »
La théologie musulmane précise généralement qu’il s’agit ici des péchés mineurs, les fautes majeures nécessitant un repentir spécifique.
Selon la tradition islamique, le jour de Arafat est aussi un moment de pardon, d’invocation et de proximité spirituelle avec Dieu.
Toutefois, les pèlerins présents à Arafat ne jeûnent généralement pas ce jour-là. Plusieurs récits indiquent que le prophète Mahomet lui-même ne jeûnait pas durant cette étape du pèlerinage afin de conserver ses forces pour les rites.
Après Arafat vient le dixième jour de Dhul Hijja : l’Aïd al-Adha.
Cette fête commémore le sacrifice du prophète Ibrahim, Abraham dans la tradition biblique, prêt à sacrifier son fils par obéissance à Dieu avant qu’un bélier ne soit substitué à l’enfant.
En islam, il est interdit de jeûner le jour de l’Aïd, car cette journée est consacrée à la célébration, au partage et aux repas communautaires.
Pour de nombreux musulmans, Dhul Hijja représente ainsi un temps de recentrage spirituel, de repentance et d’intensification de la relation à Dieu avant l’Aïd al-Adha.
|
Barbara Moullan
Directrice de publication · ILETAIT1FOI
|