Chaque année, à l'automne, la communauté juive du monde entier observe un jour de silence, de jeûne et de prière : Yom Kippour, le « jour du Grand Pardon ». C'est le jour le plus saint et le plus solennel du calendrier juif, celui où se clôt une période de dix jours de pénitence ouverte par Roch Hachana, le nouvel an juif.
En 2026, Yom Kippour est célébré du dimanche 20 septembre au soir au lundi 21 septembre à la nuit tombée. Mais au-delà de la date, que signifie vraiment cette fête, et pourquoi occupe-t-elle une place aussi centrale dans la vie religieuse juive ?
D'où vient Yom Kippour ?
L'origine de Yom Kippour se trouve dans la Torah, plus précisément dans le livre du Lévitique, qui fixe cette fête au dixième jour du septième mois du calendrier hébraïque, appelé Tichri.
« C'est le dixième jour du septième mois qui sera le jour du Grand Pardon. »
Lévitique 23, 27
Yom Kippour marque l'aboutissement des dix jours de pénitence, appelés Yamim Noraïm (« jours redoutables »), qui débutent avec Roch Hachana, le nouvel an juif. C'est une période consacrée au bilan de l'année écoulée et à un retour sur soi.
À l'époque du Temple de Jérusalem, le grand prêtre accomplissait ce jour-là un rite précis : il tirait au sort deux boucs, l'un destiné à être sacrifié, l'autre, le « bouc émissaire », envoyé dans le désert vers Azazel, chargé symboliquement de toutes les fautes du peuple d'Israël.
Que signifie « l'expiation » ?
Le mot « Kippour » vient de l'hébreu et évoque l'idée de couvrir, de recouvrir une faute. C'est la raison pour laquelle Yom Kippour est traditionnellement traduit par « jour du Grand Pardon » ou « jour de l'expiation ».
Ce jour est entièrement consacré à l'expiation des fautes commises envers Dieu. Les torts causés à autrui, eux, doivent avoir été réglés directement avec les personnes concernées avant la fête : Yom Kippour ne pardonne pas ce qui n'a pas d'abord été réparé entre les hommes.
Dans la tradition juive, on considère que c'est à Roch Hachana que le jugement de l'année à venir est inscrit, et à Yom Kippour qu'il est scellé. Les fidèles s'adressent alors le vœu de Hatima Tova, « une bonne inscription », en espérant que Dieu les inscrive dans le Livre de la vie.
Fait notable : même de nombreux juifs peu pratiquants observent ce jour, considéré comme le rendez-vous spirituel majeur de l'année, la « Sabbat des Sabbats ».
Les cinq interdictions du jour
Pendant environ 25 heures, du coucher du soleil la veille au soir jusqu'à la tombée de la nuit le lendemain, les pratiquants observent cinq interdictions destinées à se détacher du monde matériel.
Les cinq
interdictions
Pour se détacher symboliquement du monde matériel pendant Yom Kippour.
Comme l'explique la rabbin Delphine Horvilleur, ce retrait volontaire du monde matériel a un sens précis : « on se comporte ce jour-là comme si on n'était pas vraiment en vie », afin de pouvoir, une fois le jeûne rompu, se réinscrire pleinement dans la vie.
Comment se déroule la journée
Le jeûne commence la veille au soir, au déclin du jour, par la prière de Kol Nidré (« tous les vœux »), l'un des offices les plus solennels de l'année juive. Il se poursuit jusqu'à la nuit tombée du lendemain.
Tout au long de la journée, les fidèles se réunissent à la synagogue pour cinq offices successifs, qui rythment ce temps de prière et de confession collective. Les prières sont d'ailleurs récitées au pluriel : on ne dit pas « j'ai fait ceci ou cela », mais on s'inscrit dans une responsabilité partagée par toute la communauté.
La synagogue se pare de blanc, couleur traditionnellement associée à la pureté et au pardon : un rideau blanc orne l'arche sainte qui contient les rouleaux de la Torah.
La journée s'achève par l'office de Ne'ila, la clôture, suivi d'une sonnerie du shofar, la corne de bélier, qui marque symboliquement la fin du jeûne et l'ouverture d'un repas festif partagé en famille ou en communauté.
Un jour pour se réconcilier avec soi, avec les autres, et avec Dieu.
Tout comprendre sur Yom Kippour
Les réponses aux principales questions sur le jour du Grand Pardon.
Que signifie le mot Yom Kippour ?
« Yom » signifie « jour » et « Kippour » évoque l'idée de couvrir une faute. On traduit généralement l'expression par « jour du Grand Pardon » ou « jour de l'expiation ».
Quand a lieu Yom Kippour ?
Il a lieu le 10 Tichri du calendrier hébraïque, dix jours après Roch Hachana, le nouvel an juif. En 2026, cela correspond au dimanche 20 septembre au soir jusqu'au lundi 21 septembre à la nuit tombée.
Pourquoi jeûne-t-on à Yom Kippour ?
Le jeûne, comme les autres interdictions du jour, vise à se détacher du monde matériel pour se consacrer entièrement à la prière et à l'introspection.
Yom Kippour pardonne-t-il toutes les fautes ?
Non. Yom Kippour permet d'expier les fautes commises envers Dieu. Les torts causés à autrui doivent, eux, avoir été réparés directement avec les personnes concernées avant la fête.
Comment se termine la journée de Yom Kippour ?
Par l'office de clôture, Ne'ila, suivi d'une sonnerie du shofar qui marque la fin du jeûne, puis d'un repas festif partagé en famille ou en communauté.
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