Chaque année, entre juillet et août, la France connaît un afflux touristique massif. Parmi les édifices religieux du pays, un nom domine largement tous les classements : la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, à Paris.
Avec environ 11 millions de visiteurs par an (certaines estimations récentes évoquant jusqu'à 13,5 millions pour l'ensemble de la butte Montmartre), la basilique du Sacré-Cœur devance très largement les autres grands édifices religieux du pays : Notre-Dame de Paris (11 millions depuis sa réouverture fin 2024), l'abbaye du Mont-Saint-Michel (environ 3 millions par an) ou encore la cathédrale de Chartres.
Aucun organisme ne publie de chiffre officiel isolant précisément les seuls mois de juillet et août pour la basilique. Mais plusieurs éléments convergent pour en faire, très probablement, le lieu de culte qui enregistre le plus de passages en période estivale : Sa fréquentation annuelle est déjà 4 à 5 fois supérieure à celle de ses principaux concurrents religieux. Paris concentre à elle seule environ 40 % de la fréquentation touristique nationale, et l'été (juillet-août) reste la période la plus chargée de l'année pour la capitale. L'accès à la basilique est gratuit et sans réservation, contrairement à de nombreux autres monuments parisiens, ce qui facilite un flux continu de visiteurs toute la journée, de 6h30 à 22h30.
Plusieurs raisons expliquent ce record :
Un emplacement exceptionnel : perchée à 130 mètres d'altitude sur la butte Montmartre, la basilique offre l'un des plus beaux panoramas sur Paris. On vient autant pour la vue que pour l'édifice lui-même.
C'est un quartier touristique à part entière. Montmartre, ses ruelles, le square Louise-Michel, les artistes de la place du Tertre, l'imaginaire lié au cinéma (Amélie Poulain, Minuit à Paris) attire un public qui ne vient pas uniquement pour la dimension religieuse du lieu.
La gratuité et l'accessibilité : l'entrée est libre, le funiculaire permet d'éviter les 222 marches pour les visiteurs moins sportifs, et le site reste ouvert tous les jours de l'année, sans interruption.
Une actualité favorable. La fermeture de Notre-Dame entre 2019 et fin 2024 a longtemps laissé le champ libre au Sacré-Cœur pour occuper la première place des sites religieux les plus visités de la capitale : une position qu'il conserve encore largement en haute saison.
Malgré l'affluence touristique, la basilique reste un lieu de prière ininterrompue depuis 1885 (adoration eucharistique perpétuelle) et accueille plusieurs messes quotidiennes, ce qui entretient aussi une fréquentation de pèlerins et de fidèles tout au long de l'été.
Si l'on raisonne en « pics de densité » plutôt qu'en volume total, le Mont-Saint-Michel mérite d'être cité à part. Sur les seuls mois de juillet-août 2025, la cité intra-muros a enregistré environ 895 000 visiteurs, dont environ 428 000 entrées payantes pour l'abbaye. Certains week-ends de mai à août, la fréquentation quotidienne dépasse les 30 000 visiteurs, un chiffre considérable rapporté à la taille du site : une rue principale de 400 mètres pour absorber tout le flux, ce qui pose de sérieux enjeux de gestion des foules et fait régulièrement l'objet de dispositifs de sécurité renforcés (jauges informelles, incitations à venir tôt le matin, etc.).
En proportion de sa superficie, le Mont-Saint-Michel est donc sans doute le site religieux le plus « saturé » de France l'été, mais en nombre absolu de visiteurs, il reste loin derrière le Sacré-Cœur.