Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a demandé aux autorités françaises d'interdire la marque de vêtements Sa7ten, qu'il accuse de faire l'apologie des attentats du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas en Israël. L'organisation affirme avoir saisi le ministère de l'Intérieur ainsi que la justice, estimant que plusieurs éléments de l'identité de la marque renverraient aux attaques et à leur propagande. La société rejette catégoriquement ces accusations et assure que son nom comme ses visuels n'ont aucun lien avec les événements du 7 octobre. À ce stade, aucune décision des autorités françaises n'a été annoncée.
Selon les informations rendues publiques, la démarche du Crif repose sur plusieurs éléments. Le premier concerne le nom même de la marque, « Sa7ten », lancée en 2024 et commercialisée en France. Prononcé « Sahten », ce mot signifie « bon appétit » en arabe levantin et constitue une expression courante dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Toutefois, le Crif estime que l'écriture choisie, intégrant le chiffre 7, ne serait pas anodine.
La marque de vêtements Sa7ten a été cofondée en janvier 2024 par Nanor Saanouni Abu Sway. Cette dernière a été publiquement présentée comme la fille adoptive présumée de Gallagher Fenwick, journaliste, grand reporter et écrivain franco-américain né en 1981, grand spécialiste de la politique internationale, notamment celle d'Israel/Palestine. Son épouse, Dina Abu Sway, est par ailleurs décrite comme une militante originaire de Jérusalem-Est.
Interrogé par Europe 1, le président du Crif, Yonathan Arfi, considère que la décomposition du nom en « Sa – 7 – ten » renverrait à la date du samedi 7 octobre, jour des attaques menées par le Hamas contre Israël. Pour lui, cette interprétation, combinée à d'autres éléments visuels utilisés par la marque, constituerait « fondamentalement une forme d'apologie du terrorisme des attentats du 7-Octobre ».
Le Crif met également en avant la présence de triangles rouges inversés figurant sur certains vêtements commercialisés par la marque. Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, ce symbole a été utilisé dans plusieurs vidéos de propagande diffusées par la branche armée du mouvement palestinien pour désigner des cibles avant des attaques. Selon l'organisation, l'association de ce symbole avec le nom de la marque ne relèverait pas de la coïncidence.
Pour Yonathan Arfi, cette combinaison d'indices justifie une intervention des pouvoirs publics. Le président du Crif estime n'avoir « pas souvenir d'avoir vu des marques commerciales essayer de tirer profit d'une forme d'apologie du terrorisme » et considère qu'une interdiction de la marque serait justifiée. L'organisation demande également que les responsables de Sa7ten fassent l'objet de poursuites pour apologie du terrorisme.
Afin d'appuyer sa demande, le Crif indique avoir adressé un courrier au ministère de l'Intérieur ainsi qu'à l'autorité judiciaire. Selon les informations disponibles, ce signalement n'avait pas encore reçu de réponse officielle au moment de sa médiatisation. L'organisation a également évoqué la possibilité d'effectuer un nouveau signalement si aucune suite n'était donnée.
Face à ces accusations, la marque Sa7ten conteste fermement toute volonté de faire référence aux attaques du 7 octobre 2023 ou d'en faire l'apologie. D'après les déclarations rapportées dans la presse, l'entreprise affirme que son nom renvoie uniquement à l'expression arabe « sahten », couramment utilisée pour souhaiter « bon appétit ». Elle nie également que ses créations ou son identité visuelle aient pour objet de promouvoir le terrorisme ou de rendre hommage au Hamas.
L'affaire intervient dans un contexte où les références visuelles associées au conflit israélo-palestinien font l'objet d'une attention particulière. Depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi dans la bande de Gaza, plusieurs symboles utilisés dans les communications de groupes armés ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux. Leur interprétation peut toutefois donner lieu à des controverses lorsqu'ils apparaissent dans d'autres contextes. Dans le cas de Sa7ten, c'est précisément cette interprétation qui oppose aujourd'hui le Crif à la marque.