En France, les règles de neutralité sont particulièrement strictes. Mais lors d'une Coupe du monde organisée par la FIFA à l'étranger, le cadre juridique est très différent.
Un signe de croix avant d'entrer sur le terrain, une prosternation après un but, des mains levées vers le ciel ou une prière collective : ces images font régulièrement le tour du monde. Pourtant, elles suscitent aussi une interrogation récurrente, particulièrement en France : ces manifestations religieuses sont-elles autorisées ?
La réponse est plus complexe qu'un simple oui ou non. Car il faut distinguer les règles françaises de celles qui s'appliquent lors des compétitions internationales organisées par la FIFA.
« Les règles applicables en France ne sont pas automatiquement celles qui régissent une Coupe du monde. »
Le sport français est marqué par une interprétation stricte du principe de neutralité dans certaines compétitions organisées par les fédérations investies d'une mission de service public. Les athlètes sélectionnés en équipe de France sont notamment soumis à des obligations particulières de neutralité religieuse dans l'exercice de leur représentation officielle. Cette approche a été rappelée par les pouvoirs publics et s'inscrit dans un contexte juridique propre à la France.¹
Par ailleurs, le Conseil d'État a validé en 2023 les dispositions de la Fédération française de football interdisant les signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique ou religieuse dans les compétitions qu'elle organise.²
La situation est différente. Une Coupe du monde n'est pas régie par les règlements internes de la Fédération française de football mais par ceux de la FIFA et de la compétition elle-même.
Dans les faits, le monde entier a vu ces dernières années des joueurs se signer avant un penalty, se prosterner après un but, regarder le ciel ou prier à la fin d'un match sans que ces gestes personnels et spontanés donnent systématiquement lieu à des sanctions. Les règles de la FIFA visent avant tout les messages politiques, les démonstrations de propagande ou les comportements susceptibles de troubler le déroulement de la compétition, plutôt que les expressions individuelles de foi.³
« Un signe de croix discret ou une prosternation après un but ne relèvent pas automatiquement d'une infraction au règlement de la FIFA. »
C'est précisément là que naît la confusion. Un joueur français évoluant en club à l'étranger, un international disputant une Coupe du monde et un licencié participant à une compétition fédérale en France ne sont pas nécessairement soumis aux mêmes règles.
La question fait d'ailleurs l'objet de débats réguliers entre juristes, responsables politiques et spécialistes de la laïcité. Les textes, les décisions de justice et les règlements sportifs ne recouvrent pas toujours exactement les mêmes situations.
Contrairement à une idée largement répandue, il n'existe pas une règle universelle qui interdirait toute manifestation religieuse sur un terrain de football. Le cadre dépend de l'autorité qui organise la compétition et du règlement applicable.
Autrement dit, les débats français sur la laïcité ne se transposent pas automatiquement à une Coupe du monde disputée aux États-Unis, au Canada ou au Mexique. C'est précisément cette distinction entre droit français et règlements internationaux qui explique pourquoi des gestes religieux continuent d'être visibles sur les plus grandes scènes du football mondial.
¹ Ministère des Sports : principe de neutralité applicable notamment aux athlètes sélectionnés en équipe de France. ² Décision du Conseil d'État du 29 juin 2023 relative aux règlements de la FFF. ³ Les règlements internationaux visent principalement les démonstrations de propagande politique ou idéologique et, en pratique, les gestes religieux personnels demeurent courants dans les compétitions FIFA.
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