Le rassemblement des musulmans de l’Ouest à Nantes a été interdit par la préfecture puis validé par le tribunal administratif.
La 15e édition de la Rencontre annuelle des musulmans de l’Ouest (RAMO), prévue les 23 et 24 mai à Nantes, n’a finalement pas pu se tenir. Le tribunal administratif a confirmé samedi l’arrêté pris la veille par la préfecture de Loire-Atlantique interdisant l’événement.
Organisée par l’Association islamique de l’Ouest de la France (AIOF), cette rencontre devait réunir plusieurs milliers de personnes autour de conférences, de temps spirituels et d’échanges culturels à la mosquée Assalam.
Mais les autorités ont estimé que certains intervenants invités présentaient un risque de troubles à l’ordre public. L’arrêté préfectoral évoquait notamment la présence de responsables liés au mouvement Musulmans de France.
« Les propos susceptibles d’être tenus pourraient porter atteinte aux principes et valeurs de la République. »
Les organisateurs avaient saisi le tribunal administratif afin de suspendre l’interdiction. Ils dénonçaient notamment une décision tardive, prise alors que des échanges avec les services de l’État avaient encore eu lieu quelques jours auparavant concernant le déroulement du rassemblement.
Défendue par l’avocat Me Sefen Guez Guez, l’association estimait que l’événement avait toujours eu pour objectif de promouvoir le dialogue, la transmission du savoir religieux et le vivre-ensemble dans un cadre respectueux des lois de la République.
Sur le réseau social X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a salué une décision de justice qu’il considère comme nécessaire pour préserver les principes républicains.
De son côté, l’AIOF affirme prendre acte du jugement tout en annonçant vouloir poursuivre la procédure devant la justice administrative sur le fond.
Cette affaire intervient dans un contexte plus large de vigilance accrue autour des organisations musulmanes accusées par le gouvernement d’entretenir une proximité idéologique avec les Frères musulmans.
Entre défense de l’ordre public, liberté d’association et place des rassemblements religieux dans l’espace public, cette interdiction relance un débat sensible en France.