L'Église adventiste du septième jour : aux origines d'un protestantisme pas comme les autres -
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Catholicisme
Protestantisme
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Protestantisme • Christianisme • États-Unis

L’Église
adventiste
du septième jour

Aux origines d’un protestantisme pas comme les autres, né d’une attente déçue du retour du Christ.

Sabbat · Santé · Prophétie
Plus de 20 millions de fidèles
Église protestante
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Texte source

“Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu.”

Exode 20:8-10

Ce passage des Dix Commandements fonde l’importance du sabbat chez les adventistes du septième jour, qui observent le repos du vendredi soir au samedi soir conformément au texte biblique.

Sabbat

Jour de repos observé du vendredi soir au samedi soir, au cœur de la pratique adventiste.

Adventisme

Courant chrétien centré sur l’attente du retour prochain du Christ.

Ellen G. White

Figure fondatrice du mouvement adventiste, connue pour ses écrits spirituels et ses visions.

Sainte-Cène

Repas liturgique célébré plusieurs fois par an, précédé chez les adventistes du lavement des pieds.

L’Église adventiste du septième jour compte aujourd’hui plus de vingt millions de membres dans le monde et gère l’un des plus importants réseaux hospitaliers protestants de la planète.

Pourtant, elle reste relativement méconnue en France, souvent confondue avec d’autres mouvements évangéliques ou réduite à quelques clichés sur le sabbat ou le végétarisme.

Une Église née d’une attente déçue

Tout commence aux États-Unis dans les années 1840 avec un prédicateur baptiste nommé William Miller.

Après une lecture minutieuse des prophéties bibliques, Miller affirme que le retour du Christ aura lieu le 22 octobre 1844.

Des dizaines de milliers de croyants adhèrent à cette conviction. Certains abandonnent leurs biens, leurs récoltes et leur vie ordinaire dans l’attente de l’événement.

Le 23 octobre 1844 au matin, rien ne s’était produit.

Les historiens appellent cet épisode le « Grand Désappointement ». Pour la majorité des millérites, c’est la fin du mouvement.

Pour une minorité de croyants, au contraire, cette déception marque le début d’une nouvelle interprétation théologique.

Parmi eux se trouve Ellen Harmon, future Ellen G. White, dont les visions et les écrits exerceront une influence considérable sur la construction doctrinale du mouvement adventiste.

En 1863, l’Église adventiste du septième jour est officiellement fondée à Battle Creek, dans le Michigan.

Pourquoi “du septième jour” ?

Le nom même de l’Église résume sa théologie principale.

Le terme « adventiste » renvoie à l’attente du retour prochain du Christ, tandis que « septième jour » désigne l’observance du sabbat le samedi.

Contrairement à l’immense majorité des chrétiens qui célèbrent leur culte le dimanche, les adventistes considèrent que le quatrième commandement biblique n’a jamais été modifié.

Ce qui distingue les adventistes
  • L’observance du sabbat le samedi.
  • Une forte attention à la santé et au mode de vie.
  • Le baptême par immersion réservé aux adultes.
  • Une théologie marquée par l’eschatologie et le retour du Christ.
  • La doctrine du “sommeil des morts”.

Le rapport au corps et à la santé

L’un des traits les plus connus du mouvement adventiste concerne son rapport à la santé.

De nombreux adventistes pratiquent le végétarisme ou évitent certains aliments comme le porc et l’alcool, en référence aux lois alimentaires de l’Ancien Testament.

Cette approche repose aussi sur une théologie du corps considéré comme un « temple de l’Esprit Saint ».

Cette attention particulière à l’hygiène de vie conduit l’Église à développer un vaste réseau d’hôpitaux, de cliniques et d’universités médicales dans le monde entier.

La ville de Loma Linda, en Californie, où vit une importante population adventiste, a même été étudiée par les chercheurs travaillant sur les « zones bleues », ces régions du monde où l’espérance de vie est particulièrement élevée.

Une autre vision de la mort

Les adventistes se distinguent également de nombreuses autres Églises chrétiennes par leur compréhension de la mort.

Selon leur doctrine, les morts ne vivent pas consciemment auprès de Dieu après leur décès. Ils “dorment” jusqu’à la résurrection finale.

Cette croyance implique le rejet du purgatoire, des prières adressées aux morts et de la communion des saints au sens catholique traditionnel.

L’attente du retour du Christ et du jugement final structure ainsi profondément la spiritualité adventiste.

Une présence discrète en France

En France, l’Église adventiste est organisée au sein de la Fédération des Églises protestantes adventistes.

Elle compte environ 15 000 membres baptisés répartis dans plusieurs centaines de communautés locales.

La communauté adventiste française est aujourd’hui particulièrement multiculturelle, avec une forte présence de fidèles originaires des Antilles, d’Afrique subsaharienne et de Madagascar.

Les adventistes incarnent une forme de christianisme à contre-courant.

Fidèles au sabbat, attentifs au corps et profondément tournés vers l’attente du retour du Christ, ils occupent une place singulière dans le paysage protestant mondial.

Barbara Moullan
Barbara Moullan
Directrice de publication · ILETAIT1FOI