Assassinat de Samuel Paty : des peines confirmées en appel pour les instigateurs de la haine en ligne -

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Justice
La justice confirme la responsabilité de ceux qui ont alimenté la campagne ayant conduit au drame.

La cour d’assises spéciale de Paris a rendu son verdict en appel, le 2 mars 2026, dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty. Quatre hommes ont été condamnés pour leur implication dans la chaîne d’événements ayant précédé le meurtre du professeur, tué en octobre 2020 par un terroriste.

Les peines les plus lourdes ont été prononcées à l’encontre de Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui. Ils écopent respectivement de dix et quinze ans de réclusion criminelle. La justice les considère comme les principaux initiateurs de la campagne de dénonciation en ligne visant l’enseignant, accusé à tort et exposé publiquement avant d’être pris pour cible.

Deux autres hommes, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, ont été condamnés à des peines de six et sept ans de prison. Ils étaient poursuivis pour avoir aidé l’auteur de l’attentat, notamment dans ses déplacements et dans la préparation matérielle de l’attaque.

Si les juges ont retenu l’association de malfaiteurs, la qualification terroriste n’a pas été appliquée à leur encontre.

Les débats ont été marqués par plusieurs incidents, notamment des contestations autour de l’impartialité de certains magistrats, ainsi que des échanges inhabituels impliquant des responsables publics. Malgré ces tensions, les audiences ont été menées à leur terme, dans un cadre que les parties ont globalement jugé respectueux, notamment envers la famille de la victime.

⚖️ Une décision jugée contrastée

Du côté des proches de Samuel Paty, la décision est accueillie avec un sentiment partagé. La confirmation de la responsabilité des auteurs de la campagne de haine est perçue comme un point essentiel, notamment pour reconnaître le rôle déterminant joué par la diffusion de messages hostiles en ligne. Certains avocats ont toutefois exprimé des réserves concernant la réduction de certaines peines par rapport aux réquisitions initiales du parquet. Cette affaire a mis en lumière ce que plusieurs parties ont qualifié de “fatwa numérique” : une dynamique de dénonciation publique sur les réseaux sociaux ayant contribué à exposer la victime et à créer un climat propice au passage à l’acte.